À 10 heures précises, ce 6 novembre 1982, un jeune homme à la voix fluette devient chef de l’État. C’est le début d’un règne à la longévité record, ponctué de

règlements de comptes politiques violents. Retour sur cette journée si particulière.

Paul Biya à Yaoundé le 21 juin 1983. © PIERRE GUILLAUD/AFP

Comme prévu, à 10 heures, la cérémonie commence. Massés devant les grilles de l’Assemblée nationale, les Yaoundéens trépignent d’impatience depuis un moment déjà : des centaines de personnes sont venues voir de près l’inconnu à qui Ahmadou Ahidjo vient de confier le Cameroun. Un cortège arrive, sirènes hurlantes, mais cette fois-ci, point de grand échalas en boubou blanc sur une peau brûlée par le soleil…

Qui avait jamais imaginé le flonflon présidentiel en l’honneur d’un autre Camerounais qu’Ahidjo ? Quelle mouche avait bien pu le piquer pour qu’il démissionne deux jours plus tôt ? Un coup de tonnerre. Certes, avant Ahidjo, le Sénégalais Léopold Sédar Senghor avait déjà quitté le pouvoir par sa seule volonté. Mais pourquoi le président camerounais avait-il démissionné ? Ce matin-là, l’inquiétude des lendemains incertains domine les conversations.

Une « folie »

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