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Tarik Jakhoukh, fils ainé de Lahcen Jakhoukh, fondateur du Groupe Satram décédé, a brisé le silence, le 3 octobre à Libreville, en livrant sa part de vérité sur le litige opposant sa famille aux dirigeants actuels de Satram EGCA. Affirmant que «le contentieux de la succession est toujours en cours», l’ainé de la fratrie Jakhoukh espère que la justice sera enfin rendue après cinq ans de saga judiciaire.

Tarik Jakhoukh lors de son point presse, le 3 octobre 2020 à Libreville. © Gabonreview

 

Silencieux depuis les derniers rebondissements autour de l’affaire Satram EGCA en 2017, Tarik Jakhoukh, fils ainé de Lahcen Jakhoukh, fondateur du Groupe Satram décédé, a décidé de sortir de son mutisme. Le 3 octobre à Libreville, il s’est exprimé sur la saga judiciaire qui oppose sa famille aux dirigeants actuels de Satram EGCA depuis la mort de son père en juin 2015. «Du fait du refus de dire le droit par un petit groupe de jeunes magistrats connus et mus par l’appât de l’argent facile, nous subissons des décisions iniques qui portent préjudice à ma famille biologique ainsi qu’à la famille des employés de Satram EGCA», a affirmé Tarik Jakhoukh.

Après le décès de Lahcen Jakhoukh, sa famille découvrait trois actes chez un notaire : un testament désignant son ami, Moustapha Aziz (PDG de Satram), comme légataire universel ; une procuration de donation d’un tiers du patrimoine de Lahcen Jakhoukh à Moustapha Aziz, et une reconnaissance de dettes d’une valeur de 10 millions d’euros (plus de 6,5 milliards de francs CFA). Les quatre enfants et l’épouse de Lahcen Jakhoukh clament alors que leur père et époux n’était plus en possession de ses facultés physiques et mentales, au moment où il a rédigé ces actes. S’en suit donc un ping-pong judiciaire dont on retiendra essentiellement qu’en juillet 2018, la famille Jakhoukh qui avait demandé la récusation de deux médecins experts, les docteurs Bayle et Cohen, devant statuer sur la question, a été déboutée par le juge du contrôle des expertises du tribunal de grande instance de Paris, alors que durant le même mois, un rapport d’expertise graphique de la police judicaire marocaine prouvait que Lahcen Jakhoukh avait bel et bien signé lesdits documents. Ce que conteste toujours la famille du disparu.

Le contentieux est toujours en cours

«Le contentieux de la succession est toujours en cours», a martelé Tarik Jakhoukh. Selon lui, «le dossier relatif à la contestation des actes brandis par Moustapha Aziz est toujours pendant devant le tribunal de grande instance de Paris, lieu d’ouverture de la succession en raison du lieu du décès. L’exequatur de ces actes brandis par Moustapha Aziz devant le tribunal de première instance de Libreville le 2 juin 2017 et celui de Port-Gentil le 11 septembre 2018, a été accordé en totale violation de la loi et constitue, à notre avis, un véritable trouble à l’ordre public». Et l’ainé de la fratrie Jakhoukh d’en rajouter une couche sur cet exequatur, notamment sur trois actes au profit de l’actuel homme fort du Groupe Satram. «Mr Moustapha Aziz, et le tribunal de première instance de Port-Gentil ont fait une fausse interprétation de la nature des actes et notamment, un acte présumé de donation qui n’est en réalité qu’un simple mandat prétendument consenti par feu Lahcen Jakhoukh à Maitre Hicham Naciri», a-t-il argumenté.

Au sujet de la reconnaissance de dette de 10 millions d’euros, Tarik Jakhoukh est catégorique : «Les héritiers n’ont retrouvé aucune trace d’un quelconque virement imaginaire de 10 millions d’euros dans les comptes du de cujus. Il est également inconcevable que la somme requise ait été remise en liquide, au défunt, à une époque où le de cujus était hospitalisé et alors même que les transactions en liquide pour des sommes aussi importantes, étaient désormais légalement incriminées, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Cette somme, comme par hasard, correspond au capital de Satram. Soit six milliards de francs CFA».

En ce début d’année judiciaire, Tarik Jakhoukh espère que justice sera enfin rendue. «Le renouvellement profond de la hiérarchie des juridictions de Port-Gentil nous le laisse espérer», a conclu le fils ainé de Lahcen Jakhoukh, assurant qu’il ne baissera pas les bras avant d’avoir obtenu gain de cause.

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