Après 5 mois de négociations encadrées par le Qatar, c'est ce lundi que doit être signé l'accord de paix entre les autorités et les groupes politico-militaires. Le processus a été long, le chef

de la junte Mahamat Idriss Déby, est venu en personne vendredi pour participer aux ultimes discussions. 52 mouvements sont présents à Doha et au final, deux groupes se sont créés : ceux qui souhaitent signer cet accord et ceux qui le rejettent. Discrets jusqu'à ce dimanche, plusieurs leaders des groupes rebelles se sont exprimés. 

La poignée de main est chaleureuse et le message très clair. Mahamat Nouri et Mahamat Idriss Déby ont su s'accorder. A la sortie de l'entretien, le chef de l'Union des Forces pour la démocratie et le développement a indiqué : « C'est la paix notre objet, le problème tchadien date de 59 ans. Nous assumons pour un accord pour participer au dialogue qui se tiendra bientôt à Ndjamena ». Autre chef de groupe important : Timan Erdimi de l'Union des forces de la résistance a également confirmé qu'il signerait ce lundi l'accord de paix. 

C’est la paix, notre objet principal. (…) Par conséquent, nous assumons vers la paix maintenant, vers un accord pour permettre aux politico-militaires de participer au dialogue national inclusif qui va se tenir bientôt à Ndjamena. Donc nous allons nous préparer pour cet accord.

 - Mahamat Nouri, leader de l'Union des forces pour la développement (UDD)

Le Fact rejette l'accord

Par contre, considéré comme le groupe politico-militaire le plus puissant, le Fact, le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad, à l’origine de l’offensive qui a coûté la vie à l’ancien dirigeant Idriss Déby, a annoncé son refus de signer l'accord mais reste ouvert au dialogue. Le porte-parole du mouvement, Issa Ahamat, a indiqué que le texte ne prenait pas en compte les revendications du Fact notamment, « la parité des délégués au dialogue national et la libération des prisonniers à la  signature de l'accord ».

Cet accord de paix, critiqué donc par différents groupes rebelles, l'a également été par des membres du gouvernement. Des diplomates qui suivent les discussions craignaient aussi ces derniers jours un report de la signature. L'accord, une fois signé, ouvrirait en tout cas une nouvelle étape puisque l'objectif de la junte au pouvoir est d'ouvrir le dialogue national inclusif le 20 août avec les forces politico-militaires signataires, la classe politique et la société civile.

Le Fact rejette cet accord-là, qui ne tient pas en compte nos revendications. La libération de nos prisonniers à compter de la signature de l’accord, le respect de la parité au niveau des délégués du dialogue national inclusif, la mise en place d’un nouveau comité d’organisation du dialogue national inclusif…

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